Bélisaire demandant l'aumône

Bélisaire demandant l'aumône
Jacques-Louis David
1781
huile sur toile
288 x312 cm
Musée des Beaux-Arts de Lille


Bélisaire (grec : Belisarios, latin : Flavius Belisarius) né vers l'an 500 aux confins de l'Illyrie et de la Thrace, fut un général de grande valeur. Soutien fidèle de l'empereur Justinien, il maintint l'intégrité de l'empire romain d'Orient et reconquit l'Occident.

Vainqueur des Perses à Dara en 530, il eut raison, en 532 avec Narsès, d'un soulèvement populaire connu sous le nom de sédition Nika (victoire en grec) à cause de son cri de ralliement. Il eut à cette occasion l'appui de l'impératrice Théodora, dont il a épousé l'amie, Antonine. Il reprit l'Afrique aux Vandales lors de la campagne de 533 - 534 puis affronta les Ostrogoths en Italie : la Sicile (535), Naples (536), Rome à l'issue du siège de 537 - 538 et enfin Ravenne en 540 tombèrent devant lui.

Mais à Constantinople on complotait contre lui et l'appui impérial lui manqua pour sauver Rome en 544. Conscient des man½uvres visant à sa disgrâce, il obtint son rappel dans la capitale où il prit le commandement de la garde impériale et préserva la ville de la déferlante des Huns en 559. De nouveau impliqué à son corps défendant dans un complot puis réhabilité en 562 il ne retrouva jamais cependant un commandement important.

Il meurt à Constantinople en mars 565.

Les multiples désaveux dont fut victime ce fidèle serviteur du monarque en fit dans la littérature et la peinture un exemple de l'ingratitude des puissants de ce monde. C'est le cas en particulier dans un roman interdit de Jean-François Marmontel où il visait clairement Louis XV. Des peintres tels Durameau ou David contribuèrent à répandre la légende d'un homme finissant dans la mendicité. On sait depuis que c'est sûrement une fiction.


- En bas à gauche: "L. David faciebat anno 1781. Lutetiae". Le tableau est peint à Paris ("Lutetiae") comme l'exigeait le réglement de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture, où il souhaitait être admis.

- David ne se limite pas à une pure narration:
- D'une part, il donne à l'action une portée morale et actuelle comme le conseillait Diderot (1713-1784) (voir parallèle avec réhabilitation du Général français Lally-Tollendal (1702-1766), membre de la compagnie des Indes, injustement emprisonné à la Bastille, et réhabilité en 1781...)
-D'autre part, l'oeuvre témoigne d'inovations stylistiques:
-La mise en plage est simple: à la composition pyramidale traditionnelle, David préfère une trame orthogonale.
-La scène, dominée par une colonnade imposante acquiert une dimension solennelle.
-David cherche moins la profondeur que la mise en valeur des personnages, ramenés sur l'avant de la composition, grandeur nature. Ils sont rendus dans une touche ferme, et une palette réduite, voire austère qui contraste avec celle de ses collègues et témoigne d'un véritable renouveau.
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# Posté le vendredi 08 décembre 2006 05:04

Modifié le jeudi 28 décembre 2006 05:11

L'apothéose d'Homère

L'apothéose d'Homère
Jean-Auguste Dominique Ingres
1827
huile sur toile
386x512 cm
Louvre

Cette toile achevée en 1827 décorait un plafond du musée Charles X au Louvre (actuelles salles égyptiennes). On l'y descendit en 1855 et on la remplaça la même année par une copie due aux artistes Paul et Raymond Balze (en collaboration avec Michel Dumas).

Le livret du tableau au catalogue de l'époque décrivait ainsi la toile : «Homère reçoit l'hommage de tous les grands hommes de la Grèce, de Rome et des temps modernes. L'Univers le couronne, Hérodote fait fumer de l'encens. L'Iliade et L'Odyssée sont a ses pieds.»

Ingres travailla à cette ½uvre, par laquelle il voulait rivaliser avec Raphaël, de la façon la plus minutieuse ainsi qu'en témoignent plus de cents dessins dans lesquels on le voit préciser peu à peu l'ordonnance et les détails de son tableau. La composition en est d'un groupement symétrique et «centrée» à la manière classique. Le dessin y atteint un très haut niveau de précision. Les couleurs, très fraiches et claires, devaient donner une impression de fresque.

Cette ½uvre aux nombreux personnages, qui est une sorte de profession de foi classique, et qui en son genre est très réussie, laisse pourtant une impression de froideur. On y sent trop de recherche intellectuelle, pas assez de spontanéité et d'émotion.
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# Posté le vendredi 08 décembre 2006 05:09

Modifié le mercredi 27 décembre 2006 07:50

Chevaux se battant dans une écurie

Chevaux se battant dans une écurie
Eugène Delacroix
1860
huile sur toile
64.6x81 cm
Musée d'Orsay

# Posté le vendredi 08 décembre 2006 05:17

Course de chevaux libres à Rome

Course de chevaux libres à Rome
Théodore Géricault
1816-1817
étude huile sur papier
45x60 cm
Musée des Beaux-Arts de Lille
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# Posté le vendredi 08 décembre 2006 05:20

Le serment des Horaces

Le serment des Horaces
Jacques-Louis David
1785
huile sur toile
330x425 cm
Louvre


Il représente un épisode de l'histoire légendaire de la Rome Antique, où les frères Horaces défendent en combats singuliers la jeune république face au Curiaces champions de la ville d'Albe. Liés par mariage à leurs s½urs respectives, le sacrifice des Horaces et des Curiaces exalte les vertus patriotiques. Le seul survivant du combat fut l'aîné des Horaces, qui à son retour fut maudit par sa s½ur Camilla pour la mort de son amant.

Si le combat apparaît bien dans plusieurs sources littéraires (Tite-Live, Plutarque, et autre), le serment lui est une invention de David.

Il est possible que David qui était franc-maçon ait été inspiré par les procédures de serment utilisant des épées de ceux-ci.

Ce tableau est considéré comme un des chefs-d'½uvre du néoclassicisme tant dans son style que dans sa description austère du devoir. Bien que les études en fussent commencées à Paris sur une commande du roi, David choisit de le peindre à Rome, ce qu'il ne put se permettre que grâce au soutien financier de son beau-père. Il fut aidé en partie par son élève Jean-Germain Drouais. Dans ce tableau, David brise les règles habituelles de composition en décentrant les sujets principaux. Il oublie aussi les principes de l'Académie en traitant ses couleurs et reliefs de manière relativement plate.
Il fut achevé en 1785. Exposé d'abord à Rome dans le studio du peintre, il fut ramené à Paris et exposé au Salon de 1785. Il eut un énorme succès et permit à David d'éclipser ses rivaux dont Pierre Peyron.

Dans les années qui suivirent, le tableau devint symbole de la Révolution française, mais il est peu probable que David l'ait conçu comme un appel à la révolution. En 1800 l'½uvre inspirera le compositeur italien Bernardo Porta, ami du peintre, pour son opéra Les Horaces d'après la pièce de Pierre Corneille.
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# Posté le vendredi 08 décembre 2006 05:23

Modifié le mercredi 27 décembre 2006 05:39